PHILADELPHIE, 14 mai 2026, 17:05 HAE
Les actions de Datavault AI Inc. (DVLT) ont été échangées pour la dernière fois à 0,5861 $, en hausse de 0,0544 $ par rapport à la clôture précédente. Le volume était important : plus de 65 millions d’actions ont changé de mains. Les investisseurs se sont rués la veille de la publication des résultats du premier trimestre de la société. Depuis deux semaines, l’entreprise cotée au Nasdaq s’efforce de se repositionner, misant fortement sur l’infrastructure IA, les actifs tokenisés et la cybersécurité.
L’appel de vendredi intervient juste après que la société a bouclé une vente d’actions de 60 millions de dollars, annoncé des plans de scission d’une division, et assisté à un vote d’une commission sénatoriale aux implications potentielles pour les actifs numériques. La société indique que le PDG Nathaniel Bradley et le directeur financier Brett Moyer seront en ligne à 8h30 (heure de l’Est).
Le front politique a évolué jeudi lorsque la commission bancaire du Sénat a approuvé le CLARITY Act—une législation qui définit quand les jetons crypto sont considérés comme des valeurs mobilières, des matières premières ou autre chose, selon Reuters. Les probabilités sur Polymarket que la loi soit promulguée en 2026 sont restées à 70 % de “Oui”, avec environ 894 635 $ de mises placées. Reuters
Datavault mise sur l’engouement autour de la tokenisation d’actifs du monde réel—c’est-à-dire, utiliser des jetons numériques pour représenter des parts dans des actifs réels. Lundi, la société a présenté ses plans pour achever un réseau edge “prêt pour le quantique” couvrant plus de 100 villes américaines d’ici fin 2026. Une partie du déploiement : une flotte de 48 000 GPU, les puces qui alimentent les charges de travail IA, avec un lancement commercial prévu pour le troisième trimestre. Bradley a décrit Datavault comme étant “au bon endroit au bon moment.” Pour sa part, le PDG d’Available Infrastructure, Daniel C. Gregory, a déclaré que son équipe construit un réseau “vault” souverain sur mesure pour Datavault. Datavault AI Inc.
Les besoins en capital ici sont importants. Regardez CoreWeave : Reuters a indiqué la semaine dernière qu’il avait relevé le bas de sa fourchette de prévisions de dépenses d’investissement pour 2026 à 31 milliards de dollars. Chez Nebius, mercredi a apporté de nouveaux chiffres—les prévisions de capex s’élèvent désormais à 20 à 25 milliards de dollars pour l’année, après une hausse des revenus de près de huit fois. Les deux entreprises sont bien plus grandes que Datavault, mais leurs budgets illustrent à quel point la construction d’un réseau GPU peut être coûteuse.
Datavault a bouclé une levée de fonds nettement plus modeste ce mois-ci. Le 5 mai, la société a finalisé une offre directe enregistrée, vendant 109 090 910 actions ordinaires et récoltant environ 60 millions de dollars de produit brut. Datavault a indiqué que le capital servira à développer son réseau edge de GPU prêt pour le quantique, ainsi qu’à l’équipement, au fonds de roulement et aux dépenses générales de l’entreprise.
Cela signifie aussi une dilution—un obstacle courant pour les petites entreprises lorsqu’elles émettent de nouvelles actions.
Jeudi, un formulaire 4 modifié de la SEC a révélé que Bradley a acquis 2 588 235 actions LTIP, tandis que son épouse—l’employée de Datavault Sonia Choi—a reçu 1 213 236 actions LTIP. LTIP signifie plan d’incitation à long terme, ces actions devant être acquises par tranches entre septembre 2026 et septembre 2029, sous réserve de la poursuite du service. La mise à jour a corrigé un code de transaction précédent, le passant de cession à acquisition, selon le dépôt.
Datavault, de son côté, envisage une scission. Le 7 mai, la société a révélé que la direction envisage de filialiser Acoustic Sciences—ainsi que ADIO, WiSA, Event Citadel et API Media—dans une entité publique distincte nommée API Media. Le symbole “ADIO” serait réservé à la nouvelle société. Toute décision dépend de l’approbation du conseil, d’accords contraignants et d’approbations réglementaires ou boursières. Datavault AI Inc.
Bradley a décrit la scission comme une démarche visant à “libérer tout le potentiel” de l’unité acoustique, dans le but de permettre à Datavault de se concentrer sur la monétisation des données. De belles paroles, mais le processus n’est pas encore terminé.
CyberCatch est également en jeu. Datavault et CyberCatch Holdings ont annoncé le 1er mai avoir signé une lettre d’intention contraignante pour que Datavault rachète CyberCatch dans le cadre d’une transaction entièrement en actions évaluée à environ 136,8 millions de dollars canadiens. L’opération permettrait d’intégrer la plateforme de gestion des risques et de conformité cyber alimentée par l’IA de CyberCatch sous l’égide de Datavault, probablement dans le cadre de ses ambitions en edge computing.
Les chiffres de vendredi attireront l’attention, compte tenu de la base de comparaison complexe. En mars, Datavault a annoncé un chiffre d’affaires 2025 de 39,1 millions de dollars—en forte hausse par rapport à 2,67 millions en 2024—et a dévoilé son premier bénéfice net trimestriel de 661 000 dollars au T4. L’entreprise a également maintenu son objectif de chiffre d’affaires annuel 2026 à 200 millions de dollars, plaçant la barre haut pour le T1.
Les risques sautent aux yeux. Le rapport annuel 2025 de Datavault a signalé des pertes récurrentes, un besoin urgent de nouveaux financements, et la possibilité de fortes variations du chiffre d’affaires ou du cours de l’action si les hypothèses ne se vérifient pas. Il y a aussi le problème du Nasdaq : la société a reçu un avis concernant le non-respect du prix minimum de 1 $, avec une date limite de conformité fixée au 24 août 2026. Un projet de loi crypto pourrait améliorer l’ambiance, mais il ne construira pas un réseau, ne conclura pas d’accords, ni ne transformera des contrats en revenus.
L’appel de vendredi revêt une importance particulière pour l’action DVLT. Les investisseurs attendent des précisions : comment les fonds seront utilisés après l’offre, des mises à jour sur le déploiement des GPU, et des éclaircissements sur la reconnaissance des revenus issus de la tokenisation. Ils voudront aussi savoir si la scission ou l’accord CyberCatch modifient la structure de coûts à court terme. Cette fois, la tolérance aux réponses floues est très faible.